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La Chronique - Archives


Cette chronique peut permettre d'entamer un dialogue dans le forum.

samedi 22 novembre 2003 : L'école

Le grand débat sur l’avenir de l’école est donc aujourd’hui commencé. Le président de la République l’a officiellement ouvert, ce jeudi en prononçant un message devant de nombreux jeunes, invités pour la circonstance, à l’Elysée. L’école, a-t-il affirmé, est la plus belle réussite de la République. Une réussite incontestable, qui a su, en effet, peu ou prou, traverser plus d’un siècle de notre histoire nationale, depuis l’initiative de Jules Ferry. A cet hommage, il n’a pas oublié d’y associer, à juste titre, tous les enseignants, lesquels ont choisi, a-t-il souligné, en se consacrant à l’éducation des enfants et des jeunes, de remplir en effet la plus noble des missions qui soit : celle d’éduquer.

On ne peut qu’adhérer à cette reconnaissance. Pour les enfants et les jeunes d’une nation, l’école est, assurément, l’un des biens les plus précieux. Elle leur permet d’apprendre les savoirs fondamentaux, comme on les appelle, c’est-à-dire de savoir lire, écrire et compter ; elle leur offre, tout au long de leur enfance, de pouvoir s’ouvrir au monde et aux autres, et de découvrir les valeurs fondamentales du « vivre ensemble ». Faut-il donc être né, pour le comprendre, dans ces Pays du Tiers Monde où, comme nous le rappelait encore la Journée Mondiale des Droits de l’enfant que nous célébrions hier, nombre d’enfant non seulement ne connaissent pas une scolarisation normale mais sont enrôlés comme mercenaire ou contraint au travail, dès leur plus jeune âge ? L’école se doit d’être le vecteur d’une ambition commune qui devrait nous habiter tous : celle d’offrir à chaque enfant, les clefs de son accomplissement personnel.

Dès lors, le débat qui s’instaure entre parents et enseignants et auquel, on peut le souhaiter, des jeunes pourraient être associé, mérite qu’on s’y investisse. De même qu’il serait choquant qu’il dérape vers la polémique partisane, il convient que ce débat soit vraiment utile en parvenant déjà à éclairer ces zones d’ombres, qu'est l’émergence de la violence, l’échec scolaire ou la dégradation des relations d’autorité, ce en quoi l’école, aujourd’hui, marque le pas. Et qu’il puisse ainsi déboucher vers un agir que des propositions de loi pourraient concrétiser pour tous. Un enjeu important, donc, puisqu’il y va de l’exercice de notre responsabilité d’adultes face à l’avenir des enfants et des jeunes d’aujourd’hui.

Emmanuel Leroux

samedi 29 novembre 2003 : Générosité

Le Secours Catholique, la semaine dernière, la Banque alimentaire, ce week-end, le Téléthon la semaine prochaine : ces semaines avant Noel ne manquent pas de sollicitations pour venir en aide à tous ceux qui sont dans le besoin. D’une manière générale, ces associations nous proposent de participer à leurs actions en faisant un don d’argent. Une attitude qui remporte auprès des Français un peu de frilosité, si l’on en croit le dernier sondage sur la générosité des Français, qui vient d’être publié cette semaine dans un quotidien parisien.

Les Français sont généreux, mais pourrait faire encore plus. Voilà en effet le constat surprenant, à plus d’un titre, que révèle cette enquête, menée depuis plusieurs années par deux chercheurs d’après les déclarations de revenus. 20 % des Français seulement en effet, déclarent participer à des campagnes de dons. Ce qui veut dire, un foyer imposable sur cinq. Proportions, nous expliquent-ils, qui est une constante, depuis des années. Proportion qui est surtout, soulignent-ils, un reflet d’une réalité préoccupante. Car, à contrario, cet indice vient affirmer tranquillement que six foyers sur dix ne font jamais de don, sous aucune forme, même si, pour nuancer ce jugement certains ont pu choisir d’autres formes de dons, en nature ou en temps.

Les raisons d’un tel constat - pour surprenante qu’il soit, - sont, on peut le penser, multiples et complexes. Curieusement, elles ne tiennent pas au niveau de revenus : cette même enquête nous apprend en effet, que ceux dont les revenus sont les plus modestes sont aussi les plus généreux, et que, de manière ponctuelle, les français savent se mobiliser pour soutenir les victimes de catastrophes. L’individualisme ambiant, ce que représente l’argent sont vraisemblablement des motifs qui peuvent venir éclairer cette attitude . On serait tenté d’y ajouter peut-être aussi, le refus de l’assistanat, certains donateurs, préférant devenir plutôt des don-acteurs en donnant de leur temps et de leurs énergies dans les associations caritatives.

Cette attitude mérite notre réflexion. S’il est bien nécessaire d’apporter notre soutien financier aux grandes causes pour lesquelles s’investissent ces associations qui nous sollicitent, on peut souhaiter, dans le même temps, que ces dons puissent vraiment servir à responsabiliser ceux qui ont besoin d’être aidé. N’est-ce pas respecter ce qu’ils sont que de leur apporter, avec ces dons, l’apprentissage qui permettent qu’ils prennent leur vie en main ? C’est finalement le sens même de ce qu’est le fait de donner, sur lequel on devrait s’interroger : un don, c’est un partage, une ouverture vers l’autre pour le faire grandir. Un lien de solidarité. En devenant plus nombreux à donner, c’est au développement d’une société plus conviviale, fraternelle que l’on participe ; c’est à la création de liens qui permet un « vivre ensemble ». Donner finalement, c’est toujours cela qui crée la vie.

Emmanuel Leroux

samedi 06 décembre 2003 : Saint-Nicolas

Qui ne le sait : c’est ce week-end qu’a lieu la St Nicolas ! à Nancy comme à St Nicolas de Port et dans de nombreuses communes de Lorraine, on s’affaire déjà, depuis de nombreuses semaines, pour préparer ces festivités. Et celles-ci rassembleront encore, on peut l’imaginer, beaucoup de monde pour voir passer les chars dans les rues et découvrir les décorations et les lumières.

La St Nicolas est surtout fêtée, on le sait bien, dans les régions du Nord et de l’Est de la France. Elle s’appuie sur la légende de St Nicolas, évêque d’Asie Mineure qui aurait, d’après la chanson que fredonne les enfants, sauvé du saloir du boucher qui les avait accueillis, trois petits enfants qui s’étaient perdus. De nombreux personnages l’accompagnent, dont le célèbre Père Fouettard qui vient corriger les enfants qui ne sont pas sages. C’est souvent, l’occasion alors, dans les familles, de faire la distribution des cadeaux aux enfants, Et non pas à Noël, qui garde ainsi toute sa dimension religieuse de célébration de l’Enfant-Dieu qui naît dans notre humanité.

Cette distinction entre ces deux fêtes de décembre pourra surprendre dans le contexte commercial que connaît aujourd’hui la fête de Noël. Depuis déjà plusieurs semaines, tout est organisé pour faire, en effet, de la fête de la naissance du Christ, ce que la St Nicolas, en Lorraine, se propose justement de célébrer : une fête pour tous les enfants, une fête des enfants. C’est bien cela finalement la St Nicolas : Une grande fête pour les enfants, où ils se retrouvent ensemble et découvrent, avec cette belle légende de St Nicolas, à vivre avec les autres, sans oublier tout un monde de merveilleux et de lumière qu’ils apprécient.

Laissons donc à Noël, d’être Noël et la joie de célébrer Dieu qui vient parmi nous. Et bonne fête de St Nicolas à tous les enfants de Lorraine et de toutes nos régions de France !

Emmanuel Leroux

samedi 13 décembre 2003 : Laïcité

Ne peut-on pas ressentir une certaine lassitude devant ce grand débat sur la laïcité qui occupe depuis maintenant plusieurs semaines, le devant de la scéne de notre société ?

Alors qu’il vient de connaître un regain d’intérêt avec la remise tant attendue du rapport de la Commission Stasi au Président de la République, on pourrait, en effet, s’interroger de la sorte, tant il apparaît encore difficile, pour beaucoup d’entre nous d’y voir clair devant les avis et les opinions émises, et peut-être, de sentir encore les enjeux de ce débat.


En tout état de cause, on ne pourra pas dire que nous n’avons pas été informés. Après les bulletins quotidiens d’information, voici que commencent à fleurir sur ce sujet, dans les hebdomadaires, ou les émissions de télévision, des dossiers ou des pages spéciales, forts bien faits d’ailleurs. Des débats d’idées passionnés que l’on peut y lire, il ressort que c’est là une question difficile qui vient interroger notre vision du « vivre ensemble ». Des témoignages auprès de jeunes filles musulmanes ont été aussi sollicités et il est intéressant de s’apercevoir de leur étonnement, devant l’ampleur qu’a pris ce débat.

D’une manière générale, si nous sommes conduits tous à reconnaître que cette question de la laïcité nous concerne, elle témoigne surtout, à mon avis, de l’évolution formidable que notre société connaît depuis plusieurs décennies, confrontée au pluralisme comme à l’individualisme.

Le véritable enjeu, la véritable question posée par cette évolution si rapide de notre société, est, en fin de compte, - plus que la question de la neutralité et de la laïcité -, la question de l’intégration et du pluralisme. Sur ces questions, l’école, on le sent bien, tient, assurément, une place importante auprès des jeunes qu’elle rassemble. Au moment où se déroule, un peu partout en France, des débats sur l’école, n’a-t-on pas à souhaiter que l’école soit pour les jeunes, un lieu de découverte de ces valeurs qui permettent le « vivre ensemble », dans le respect du pluralisme . Ce que véhicule l’école devrait permettre d’apprendre le goût de l’effort et de vivre l’accueil de l’autre différent. Des valeurs qui leur permettront de construire ensemble demain, ce monde où nous vivons.

Emmanuel Leroux

samedi 20 décembre 2003 : Noël

Dans quatre jours, c’est Noël ! Nous le savons bien, il suffit en effet de regarder l’affluence dans les magasins qui seront tous ouverts durant ce week end, et de voir les lumières dans les rues encombrées, et même, de plus en plus d’ailleurs, les façades des maisons décorées de lumière. Et l’on annonce que les routes prendront la couleur orange devant la migration vers la montagne ou les villages de province, où l’on retrouvera famille ou amis...

Oui, dans quatre jours, c’est déjà Noel ! Une fête qui occasionne un jour férié au milieu de la semaine et des vacances pour les enfants ; une fête chrétienne, et comment ne pas s’apercevoir et ressentir, dans ce climat créé par le débat sur la laïcité, qu’elle prend une couleur toute particulière avec ces crêches dans nos églises ou nos maisons, jusqu’aux portes de nos grands magasins !

Noël, ce n’est que dans quatre jours ! Ce n’est pas encore le moment de se retrouver en famille pour la fête, ni de distribuer aux enfants les cadeaux que l’on s’est pourtant procurés il y a plusieurs semaines... Il faut attendre encore quatre jours et continuer de préparer la fête. Situation difficile, tant nous sommes, enfants et adultes, tous prisonniers de ne rien nous refuser, victimes inconscientes du tout, tout de suite ! Nous sommes malades de ne plus savoir attendre, nous ne savons plus vivre le temps du désir... qui seul, pourtant, procure la vraie joie de recevoir lorsque arrive enfin, le moment attendu !

Noël, c’est dans quatre jours et c’est une nouvelle naissance que nous fêterons, celle de la vie qui nous donne. Joyeux Noël à tous.

Emmanuel Leroux

samedi 17 janvier 2004 : Grande consultation sur l'école

C’est ce samedi que s’achève la grande consultation nationale sur l’avenir de l’école. Lancée en novembre dernier, à l’initiative de l’Education Nationale, cette consultation se proposait de réunir les réflexions et les avis de tous en chacun, au sujet de l’avenir de l'école. Il constituait aussi une première dans notre pays, sur le terrain de la démocratie participative, apparemment si désirée des Français, dans bien d’autres domaines.

Au moment où cette première étape touche à sa fin, il est possible déjà de dresser un premier bilan : si la grande majorité des réunions-débats prévus ont bien eu lieu : plus de quinze mille en tout, dans les collèges et lycées ou au niveau des arrondissements, cette consultation directe a connu, en fin de compte, un taux de participation faible. Il semble que les rencontres ont eu du mal à attirer des personnes au-delà des habituels acteurs : professeurs ou responsables de fédération de parents d’élèves. Les jeunes, les responsables socio-économiques, les représentants de la société civile et, surtout les familles, auront été, en fin de compte, ceux qui se seront les moins exprimés.

Devant ce bilan mitigé, on pourrait ressentir une certaine déception : l’enjeu méritait bien un certain effort, de la part de tous. Sans doute, bien des raisons apportent des explications à ce résultat ; certains évènements sociaux de cet hiver sont venus comme éclipser le débat qui s’instaurait ; l’organisation avec la liste longue de 22 questions, les modalités locales ont pu, d’autre part, ne pas jouer en faveur du désir de participer. Le contexte scolaire n’était pas, peu s’en faut, vraiment porteur.

Il convient toutefois de saluer cette initiative. Elle a eu le grand mérite d’exister, donnant la possibilité à chacun de s’exprimer. Elle a entraîné avec elle, comme le soulignait sur une radio périphérique, Claude Ténot, responsable nationale de cette consultation, nombre de petites initiatives et des prises de parole dans la presse ou dans la publication de livres, nombre d’intervention et de réflexion aussi, sur le forum d’Internet, notamment de la part de jeunes, et de parents. Tous ces échanges doivent maintenant être repris par cette commission qu’il préside pour en tirer des synthèses.

Ainsi chaque fois que s’expriment des avis, que le débat peut s’ouvrir, c’est le « vivre ensemble » qui gagne. Cela est vrai pour notre société comme pour toutes nos institutions ; cela vrai aussi de nos familles et des groupes auxquels nous appartenons. La vraie réussite éducative tient finalement, plus aux pratiques où l’on s’engage, qu’aux moyens - même importants – dont on peut se doter. A la semaine prochaine.

Emmanuel Leroux

samedi 24 janvier 2004 : La rumeur du déclin

La rumeur du déclin. Je ne sais pas si vous avez été attentif à ce phénomène insolite, mais à entendre nos médias, il semble que la rumeur du déclin est en train de nous envahir à nouveau, ces temps-ci. Une rumeur qui s’immisce partout et atteint tout, à commencer par les institutions et la plus aimée de toutes, la famille. Elle décline, dit-on, tout comme l’école dont on parle beaucoup, et l’Eglise et la France elle-même. Et les personnes n’y échappent pas : l’enfant est devenu un roi devant des adultes incertains, les pères sont absents et la féminité se perd. Et vieillir, c’est décliner, n’est-ce pas ?

Une rumeur qui charrie, comme toutes les rumeurs, un mélange d’imaginaire et de réalité. C’est vrai, l’homme est entraîné, tout au long de sa vie, dans une longue transformation de lui-même et personne ne sait à l’avance comment cela se termine. Une incertitude qui entretient en nous, autant d’espoirs illusoires que de peurs devant un déclin assuré. La vérité, en fait, est comme toujours toute simple : l’homme que nous sommes, le monde autour de nous est fragile et c’est peut-être là sa vraie force que de le reconnaître.

Il revient à chacun de choisir entre la pente du déclin qui laisse un sentiment amer de tristesse, qui égare dans la prétention qu’existait autrefois un modèle de « vivre ensemble » inégalable, à conserver à tout prix, qui paralyse et nous tient repliés, et la voie de la fragilité. Celle-ci, au contraire, invite à savourer le présent, à se tenir en éveil, à choisir la solidarité.

Qui se reconnaît fragile - comme le souligne un éditorialiste d’un journal parisien - connaît en effet d’abord, la saveur du présent. Invitation à accueillir ce qui vient comme cela vient, à faire le tri entre l’accessoire, le dérisoire et l’essentiel, à apprécier les petites choses de la vie qui la rend appréciable : un geste d’amitié, un travail accompli, un moment difficile traversé, Aussi arrêtons de sonner les trompettes du déclin ! La fragilité est une chance, celle toujours offerte à notre liberté d’avancer et de créer.

Qui se reconnaît fragile, se tient en éveil. Les entraîneurs de sport collectifs vous le diront : une équipe trop sûre d’elle, risque de perdre la partie. Elle la gagne quand elle se dit que rien n’est acquis ni perdu d’avance. Il faut simplement entrer dans le jeu. Ainsi pour chacun d’entre nous ? C’est parce que nous sommes vivants que nous sommes vulnérables !

Qui ne se reconnaît fragile, saura redécouvrir le besoin des autres. Il en est toujours ainsi, il faut du temps pour que notre autosuffisance tombe à l’eau, pour que nous apprenions vraiment que notre avenir, c’est l’autre, la confiance en l’autre. Solidarité et fragilité vont ensemble. Les malades vous le diront, une visite, une présence vaut plus que tout.

Disons-le aux plus jeunes : ne prêtons pas d’attention à toutes ces rumeurs de déclin. Et n’ayons pas peur de notre fragilité : car c’est elle qui ré-apprend le besoin des autres qui nous permet d’inventer l’avenir.

Emmanuel Leroux

samedi 31 janvier 2004 : Le stage d'observation en entreprise

Trouver un stage d’observation en entreprise : il semble que cela soit devenu un véritable casse-tête pour les élèves de Troisième qui doivent l’accomplir dans les mois à venir. C’est du moins ce qu’affirme l’article publié la semaine dernière dans un quotidien parisien. Bien des professeurs n’ont pas assez d’adresses et c’est souvent alors vers les parents, que ces ados sont obligés de se retourner afin de découvrir une place.

A vrai dire, l’intervention des parents dans cette initiative n’est pas toujours bénéfique. Une majorité se contentent en effet, de les prendre dans leur propre entreprise, ce qui ne constitue pas véritablement pour les jeunes, une découverte. D’autres ont tendance à influencer leurs enfants, en leur proposant des choix qu’ils ne veulent pas du tout.

Le mieux est en effet de laisser l’élève définir ses propres objectifs en explorant le domaine d’activité qu’il souhaiterait connaître ou découvrir. Puis, de préciser, avec lui, les contraintes de la réalisation de cette semaine de stage. Certaines familles refusent que leur enfant s’éloigne trop du domicile, restreignant les recherches au quartier. Mais heureusement, les ressources ne manquent pas, du moins dans les zones urbaines avec la pluralité des commerces de proximité telle que librairies, assureurs, opticiens, pharmacies, agences de voyage, etc.

C’est une véritable « chasse » qui se passe, et l’on s’aperçoit que les plus débrouillards arrivent à entrer dans des lieux réputés inaccessibles comme les radios ou les journaux, voir dans les services administratifs à la mairie ou à la préfecture. Une recherche qui constitue, en fait, une excellente occasion, pour les jeunes, d’apprendre à se documenter, notamment avec l’aide d’Internet, et de savoir établir un contact, que ce soit par lettre, par courrier électronique ou par téléphone.

Tous les élèves de Troisième ne sont pas encore fixés, à cette époque de l’année sur leur orientation. Ce stage d’observation peut leur donner l’occasion de faire connaissance avec le monde du travail, de vivre « de l’autre coté », comme le disait Magali qui a passé sa semaine de stage, dans l’hotelerie « Au début j’aurais donné n’importe quoi pour ne pas faire le stage mais maintenant, je ne demande qu’à le prolonger. Je suis presque sûre que je travaillerais dans l’hôtellerie », écrivait-elle dans son rapport.

Souhaitons aussi bonne recherche aux jeunes pour cette semaine de stage d’observation à venir. Et pourquoi ne se ferait-il pas plaisir, dans le même temps, en choisissant un stage dans une activité qui passionne !

Emmanuel Leroux

samedi 14 février 2004 : L'insécurité

Nous avons tous été soulagé, ces derniers jours, en apprenant que la petite Fanny avait été retrouvée saine et sauve. Sa disparition n’en a pas moins relancé, une fois encore, ce sentiment d’insécurité que nous ressentons peut-être tous, plus ou moins, en ce moment. Celui-ci semble en effet, traîner partout et en bien des domaines, à écouter ce que nous disent les médias. Que ce soit sur les routes où l’on vient d’installer des radars automatiques, dans les quartiers appelés difficiles, ou encore à l’école où des solutions se cherchent pour contenir la violence, il ne manque pas d’évènements, c’est vrai, qui ne viennent nous redire que notre vie collective ou personnelle est menacée !

à la réflexion, ce besoin de sécurité que nous éprouvons tous est quelque chose de tout à fait normal. Il n’est d’ailleurs pas chose nouvelle dans l’histoire de l’humanité. Déjà, au Moyen Age, pour ne remonter qu’à lui, la société se sentait menacée par les trois grandes peurs qui la traversaient alors, autrement dangereuses, comme les historiens s’en sont fait l’écho : celle d’être agressé, de manquer de nourriture et d’aller en enfer. Elles feraient place aujourd’hui, plutôt à des inquiétudes affirment les spécialistes devant les risques majeurs auxquels nous sommes confrontés : précisément, le danger de la maladie grave, de l’accident de la route, de l’agression dans la rue et de l’accident nucléaire. Tout se passe surtout, de nos jours, comme si une espèce d’inéluctabilité des dangers se développait liée à un fort sentiment d’impuissance. Pétroliers qui cassent, terrorisme, épidémie, notre société devient multirisque, ne faisant qu’accumuler les craintes et plus personne alors ne se sent protégé. Même les gouvernements ne se protégent plus, tout se décidant maintenant au plan international.

Dès lors, que pouvons-nous faire ? comment réagir ? Cela peut sembler bien difficile ; on le voit bien avec les décisions d’autorité ou de coercition qui se prennent, en ce moment, au niveau collectif ; celles-ci ne semblent pas résoudre grand chose. Ni, de plus, emporter l’assentiment du plus grand nombre. Notre société est trop marquée par la revendication de l’autonomie des personnes pour que soit acceptée d’emblée, sans discussion et ni concertation, les moyens d’y répondre.

On le sait bien, ce qui est facteur d’angoisse, sur le plan personnel, est moins le problème qui menace, que le fait de sentir son incapacité à le résoudre. à une surestimation du danger se conjugue en nous, comme une sorte de sous-estimation de notre capacité à y faire face. Ce n’est pas la personne de l’autre, différent, qui nous fait peur, finalement ; mais plutôt, le fait de ne pas savoir si nous sommes capables d’agir, de manière adaptée, vis-à-vis d’elle. C’est donc en évaluant tout à la fois, et le danger et nos ressources pour y faire face que nous arrivons sans doute à dépasser nos peurs. Une question de confiance au bout du compte, confiance en soi d’abord et en l’autre, dans les autres. Chemin difficile, surtout pour les plus jeunes, mais chemin qui nous conduira, n’en doutons pas, vers un vivre ensemble de paix !

Emmanuel Leroux

samedi 28 février 2004 : Le Carême

Le savez-vous ? Les chrétiens ont commencé le Carême, depuis mercredi !
Le Carême : curieusement, ce mot est devenu étrange aux oreilles de nos contemporains au point que certains pensent que le Carême n’existe plus ; ou alors, qu’il s’enlise dans des pratiques d’un autre âge, réservées à quelques-uns et qu’il ne mérite vraiment pas qu’on en parle. C’est d’ailleurs bien ce qui s’est passé dans les médias, ou l’ouverture du carême n’a été guère signalée et encore à cause du pape Jean Paul II.

Il est vrai que l’image que l’on se fait, la plupart du temps, de cette pratique des chrétiens, de cette période de l’année qui précède Pâques n’est pas très encourageante. Elle reste attachée dans nos esprits à une période durant laquelle, pour ce que l’on s’en souvienne, l’on doit faire le jeûne de viande chaque vendredi, chercher à faire pénitence et vivre la charité envers les plus démunis cette image est, à vrai dire, bien réductrice et déformante !

Le Carême n’est pas en effet, pour les chrétiens, la période triste que l’on pense ! C’est même tout le contraire puisque c’est le moment pour eux de se préparer à célébrer la fête de Pâques de la Résurrection du Christ. Faire Carême, c’est se préparer intérieurement à se réjouir de la victoire sur la mort et le mal qu’a remportée le Christ par sa Résurrection !

Aussi ces quarante jours que durent le Carême, sont-ils une invitation à prendre le temps, le temps de réfléchir davantage à la manière dont on vit en chrétien, Rien ne s’arrête durant le Carême, ni la vie de famille, ni le travail, ni même les soucis … Dans une société où tout va vite choisir de s’arrêter un peu constitue un réel effort. Ou plutôt un choix de vie qu’exprime bien la pratique du jeûne où l’on choisit de donner le temps de ce qu’on fait par habitude pour le consacrer à autre chose, plus utile, plus important, comme un moment de prière, ou encore un temps de partage avec les autres.

J’aime bien cette perpective-là du Carême qui offre la possibilité de choisir de prendre le temps de réfléchir à ce que l’on vit à cause de sa croyance, de décider de ré-orienter son existence vers Dieu en pratiquant davantage le partage et l’accueil des autres, la prière aussi c’est-à-dire l’accueil de Dieu. Ces changements que l’on peut vivre sont des victoires sur ce qui nous paralyse, nous emprisonne dans l’existence, ils sont comme une libération qui fait « choisir la vie » ! Pâques alors sera vraiment une fête pour nous !

Emmanuel Leroux

samedi 6 mars 2004 : Le permis probatoire

Permis probatoire, permis peau de chagrin, permis précaire, c’est en ces termes peu flatteurs que les médias, au début de cette semaine, ont célébré, à leur manière la naissance du nouveau permis de conduire. Un permis qui s’acquiert depuis le 1er Mars, en deux temps : l’obtention du permis commence en effet par une période probatoire de six mois avec seulement six points qui deviendront douze par la suite, si tout se passe bien. Un permis devenu précaire donc et fragile en cas de fautes répétées, auquel tous les conducteurs, les bons comme les mauvais, devront bien s’y faire. à une époque où conduire est considéré comme un élément indispensable de la vie sociale, perdre son permis peut être ressenti comme une véritable catastrophe., ce qui, bien sûr, pousse à faire réfléchir ...

C’est en tout cas sur ce ressort-là, c’est clair, que les pouvoirs publics entendent jouer avec ce nouveau permis. Une attitude qui ne date pas d’hier : on se souvient des mesures particulièrement dissuasives revues à la hausse, il y a maintenant quelques mois. Il est vrai que le tribu à l’insécurité routière et le trop grand nombre d’accident réclamaient de faire quelque chose pour stopper l’hémorragie, dont on sait combien les très jeunes conducteurs sont les premières victimes. Quand le manque d’expérience s’ajoute à l’insouciance, voire parfois à l’inconscience, il est vrai que le pire est à craindre. Avec six points seulement en poche pour commencer, il y a de quoi faire réfléchir les accros de la vitesse à tout prix et les rois de la frime, s’ils ne veulent pas se retrouver trop rapidement à la case auto-école. Une mesure qu’i est loin d’être anti-jeune puisqu’elle concerne, de fait maintenant, tout le monde.

Cette mesure aurait manqué son objectif, à mon avis si, en effet, elle se limitait à n’ être qu’une mesure de prévention imposée de plus. Il convient, à mon sens, d’expliquer aussi, et de suggérer à tous les conducteurs, jeunes ou adultes qu’il convient de changer d’attitude lorsque l’on est au volant. Nous sommes devenus maintenant trop nombreux sur les routes, en ville comme sur les autoroutes. Il convient d’adapter notre manière de conduire à cette situation nouvelle. Une automobile n’est pas une bombe pour s’éclater et épater les autres. Mais simplement un moyen de transport commode qui permet normalement d’arriver à bon port, et en bon état. Nous voici donc au pied du mur d’une véritable révolution culturelle de nos comportements. Faisons en sorte que ce nouveau permis peau de chagrin soit une aide ! Une aide à mieux respecter enfin, sur les routes comme en ville, le vivre ensemble.

Emmanuel Leroux

samedi 13 mars 2004 : Terrorisme à Madrid

Le drame qui vient d’avoir lieu à Madrid, il y a maintenant trois jours, marquera longtemps nos esprits et nos cœurs. Comment ne pas ressentir avec toute la nation espagnole mais aussi avec tout homme de bonne volonté, une peine profonde pour toutes les victimes innocentes et leurs familles, un sentiment fort de justice et de condamnation envers ceux qui organisent aussi lâchement de telles violences. Comme l’exprime fortement l’éditorial d’un journal parisien, on aurait envie de crier avec les blessés, de hurler avec les familles des massacrés, de se mobiliser avec tous ceux qui refusent cette logique infernale de la violence. Du milieu de l’émotion qu’a suscité ce drame impensable, on peut se réjouir aussi de voir poindre, depuis quelques jours, un formidable élan de résistance contre tous ceux qui rêvent d’anéantir les conquêtes de la liberté, et se lever une immense protestation populaire. Un mouvement uni et digne pour le respect de la vie de tout homme et la sauvegarde du vivre ensemble qui est tout à l’honneur de la démocratie, visée et attaquée dans ce carnage affreux et délibéré.

Oui, il convient de ne pas se taire et de dénoncer de telles violences faites à la dignité humaine et au droit de vivre de tous ! Cela est déjà un engagement. Mais cette initiative peut apparaître insuffisante. Ne faudrait-il pas aussi – et c’est peut-être une bonne occasion - prendre conscience que nous pouvons également tous agir, là où nous sommes, avec nos petits moyens pour que de telles ignominies ne puissent pas se répéter ! Nous le constatons tous : des violences de toutes sortes ne cessent d’envahir nos quartiers et nos villes, nos lieux de travail et même nos écoles... L’incivilité, le chacun pour soi nous traverse, rendant compliqué toute vie sociale. Il nous appartient dans ces lieux de proximité, à notre portée, de mener ce combat pour le respect de la personne humaine et permettre que s’élabore, dans le dialogue et l’échange, le vivre ensemble. La démocratie n’est pas un mot, elle prend corps dans ces liens que nous tissons avec ceux que nous côtoyons. Sans doute, cette responsabilité que nous partageons n’est pas sans risque. Mais c’est en affirmant, par notre manière de se conduire, un démenti à la peur et à la violence que nous arriverons à sauvegarder ce droit de vivre dans une société fraternelle.

Emmanuel Leroux

samedi 20 mars 2004 : Le bénévolat

Recherche bénévoles désespérément. C’est ainsi que l’on pourrait résumer l’enquête que vient de mener un quotidien parisien dans le monde des associations. et publié dernièrement dans ses colonnes. Une enquête intéressant à plus d’un titre, ne serait parce qu’elle révèle l’existence d’un écart, ou plutôt d’une distorsion qui se creuse entre l’offre et la demande de bénévolat aujourd’hui. En effet, si l’on ne peut pas parler encore de crise du bénévolat, on s’aperçoit d’une part, que les candidats bénévoles ne savent plus toujours où proposer leurs services ou leurs compétences. D’un autre coté, la demande de bénévolat exprimée par les associations, qui ne cessent d’être toujours plus nombreux ( près de 850 mille en France ) a fortement évolué. Elles n’attendent plus seulement des mains ou des bonnes volontés mais des personnes compétentes dans des domaines quasi professionnels comme les nouvelles techniques de communication ou encore le domaine financier.

Dans cette perpective, le trait le plus intéressant dont témoigne cette étude est l’évolution formidable que connaît la nature même du bénévolat. On découvre combien en effet la nature de l’engagement a changé. Aujourd’hui la plupart des bénévoles souhaitent ne s’engager que de façon ponctuelle, à travers une action précise par exemple l’aide aux sinistrés lors d’inondations ou d’une marée noire. Mais sans prendre de véritables responsabilités associatives. A l’in star d’autres secteurs de la société comme les syndicats ou encore les Eglises, l’engagement devient plus volatil, moins militant. Aussi devient-il difficile de trouver des bénévoles qui acceptent de porter dans les associations des projets à long terme. Tout se passe comme si , s’engager à long terme est une prise de risque trop lourde, en tout cas compliqué pour de multiples raisons personnelles ou sociales.

Cette situation nouvelle du bénévolat mérite qu’on s’y arrête. Elle vient, à mon avis, éclairé un trait qui nous marque tous aujourd’hui, plus ou moins. Je ne crois pas que les gens, qu’il s’agisse des jeunes dont on sait le dynamisme qu’ils ont à s’engager, ou des nouveaux retraités devenus disponibles pour se lancer dans de nouvelles activités, soient devenues moins généreux qu’autrefois. Ou tout simplement moins aptes à vivre, à travers des actions choisies, la solidarité avec d’autres. Peut-être avons-nous simplement perdu de vue, combien l’engagement dans le bénévolat pouvait nous apporter plus que ce que nous pensions donner aux autres. Et participer à créer une société plus humaine., un « vuvre ensemble » plus fraternelle.

Emmanuel Leroux

samedi 3 avril 2004 : La Passion du CHrist (film)

C’est depuis cette semaine que le film La Passion du Christ de Mel Gilson est projetée sur les écrans nancéens. Un film qui a suscité, avant même sa sortie en salle aux Etats-unis, une vive polémique et des réactions diverses. Objet d’une véritable campagne médiatique, les avis des critiques que l’on trouve dans nos journaux sont partagés. Certains iront le voir, sans doute pour se rendre compte ou par curiosité. D’autres s’abstiendront, ne serait-ce parce qu’ils pensent ne pas pouvoir supporter des images trop fortes et trop violentes de la crucifixion du Christ. C’est l’une des raisons en tout cas toute personnelle qui ne m’encourage pas à aller voir ce film qui pourtant évoque la grande figure du Christ.

La position prise par le Comité permanent pour l’Information et la Communication de l’Eglise de France que l’on peut lire sur son site Internet, m’est apparue comme une position tout à fait intéressante car mesurée et invitant à réfléchir. Elle signale que la sincérité du réalisateur n’est pas à mettre en doute dans ce film qui attirera beaucoup de gens à la recherche de savoir qui est Jésus. Néanmoins, elle souligne que le visage du Christ qui nous est montré, transparaît beaucoup moins que toutes nos obsessions contemporaines, d’angoisse du mal, de fascination pour la violence, et de recherche de coupables.

En choisissant de mettre en images les seules dernières heures de la vie du Christ, avec une volonté affichée de reconstitution historique, il est vrai que l’auteur de la passion du Christ, prend un risque : celui d’isoler la passion de toute la vie de Jésus et de sa prédication sur les routes de Palestine avant sa mort et de sa Résurrection par la suite, et ainsi, de raccourcir le message des Evangiles de manière problématique. Aussi, le spectacle de violence extrême avec laquelle est montrée crûment l’atrocité des supplices subis et de la mort sur la croix, souligne le Comité des Evêques, ne peut que submerger le spectateur, et lui faire occulter le sens même de la Passion du Christ, le don de sa vie consenti par amour des hommes.

Cette violence, que nous dénonçons si souvent dans notre monde, explique que le film soit interdit aux enfants de moins de 12 ans. Assurément, il retiendra beaucoup de gens qui ne supportent pas la vision de la violence. Situation tout à fait paradoxal : ce film parle du Christ et il ne peut pas être montré aux enfants et devenu grand public ?

Emmanuel Leroux

samedi 10 avril 2004 : Pâques

Vous pouvez en faire l’expérience par vous-mêmes! Si vous demandiez autour de vous, ce que l’on célèbre le jour de Pâques, la réponse, la plupart du temps, se fait hésitante. On vous dira : c’est le retour du printemps que l’on fête, ou bien encore c’est à cause des vacances,...S’il est entendu pour tous qu’à Noel, c’est la naissance de l’enfant Jésus que l’on célèbre, il semble beaucoup plus difficile de dire que Pâques est la fête de la Résurrection du Christ. Un mot d’ailleurs difficile à comprendre que l’on confond parfois avec celui de réincarnation. Pour les chrétiens, il ne s’agit pas de cela. Pour eux, la resurrection du Christ, c’est autre chose, c’est le fait qu’il soit passé de la mort à la vie et à une vie éternelle, c’est qu’il soit désormais vivant pour toujours. Une nouvelle, annoncée depuis 2000 ans à laquelle adhérent les chrétiens et qui n’a pas fini de surprendre, de poser des questions, d’interroger...

Ce qui est le plus formidable, me semble-t-il, dans ce message de Pâques, c’est sans doute son invitation à vivre un passage. Un passage qui est comme une libération, une ouverture que l’on peut vivre dés maintenant et qui transforme l’existence. Je crois que mes années de détention comme otage au Liban disait Jean Paul Kauffman m’ont fait passer par une sorte de pressoir qui m’a changé le goût de la vie. Je suis un peu un ressuscité. Nous pourrions peut-être donner nous-mêmes ce même témoignage. Car tous- un jour ou l’autre- nous avons pu traverser de ces passages qui sont comme des petites morts sur nous-mêmes, des victoires sur l’individualisme ambiant pour vivre autre chose, la réconciliation ou le partage, l’amitié ou la solidarité, que sais-je, pour vivre autrement avec les autres. C’est alors des relations nouvelles qui recommencent, comme un printemps qui arrive et donne envie de vivre. Comme une porte que l’on passe. Vous vous demandiez ce que nous fêtions à Pâques ? tout simplement une espérance inouïe et celle-ci est à la portée de notre main.

Emmanuel Leroux

samedi 24 avril 2004 : La consommation de drogue

Vous me direz que l’on s’en doutait mais l’information, dévoilée cette semaine, n’a pas manqué d’impressionner et de surprendre. La consommation de drogue chez les lycéens et les collégiens connaîtrait aujourd’hui, une progression importante. C’est du moins ce que viennent de conclure les enquêtes, menées par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies, publiées cette semaine dans la presse. Loin de rassurer, on y apprend en effet que la proportion de 16-17 ans qui avoue avoir goûté à des psychotropes a plus que triplé, ces dix dernières années. Des informations inquiétantes tant pour la santé des jeunes que pour les responsables et les médecins qui se mobilisent pour tirer à juste titre la sonnette d’alarme.

L’on connaît bien les raisons - multiples et variés - de la consommation de drogue chez les jeunes.Ce sont des ados, comme on les appelle, et toutes les occasions sont bonnes, assurément, pour montrer qu’ils veulent rompre déjà avec le monde de l’enfance : ainsi, fumer une cigarette ou mieux un joint, croient-ils, leur donne cette image d’adulte et de liberté qu’ils recherchent ! Dans cette société sans repères quelque peu désabusée et qui ne leur offre qu’un avenir incertain, « s’éclater » aussi, comme ils disent, devient à leurs yeux, valorisant, sinon de leur procurer des sensations fortes d’exister. Comme le soulignait un médecin spécialiste de l’hôpital de Villejuif, « l’image hédoniste de la consommation de drogue persiste et ceci malgré tous les discours critiques qu’ils ne croient pas sur leurs effets nocifs ».

Car devant la banalisation et l’augmentation des usages fréquents de la drogue, c’est bien les conséquences qui deviennent inquiétantes aujourd’hui. On sait bien que le risque de dépendance est grand, suite à l’expérimentation, faite aujourd’hui à un âge de plus en plus précoce. Et comment ne pas être inquiet des effets nocifs, majeure pour leur vie, comme en témoignait une jeune toxicomane dans une interview à la télévision cette semaine. Dès lors, on ne peut que s’étonner que l’acquisition de drogue soit apparemment si facile, que les actions d’information ou de prévention pour infléchir cette tendance ne trouvent que peu de succès auprès des jeunes... « Parler vrai et sensibiliser les parents et les jeunes aux problèmes des stupéfiants doit être dans ce domaine, la marche à suivre » affirment les associations de lutte contre la toxicomanie. Parler vrai sur tous les risques encourus - qu’ils soient physiques, psychiques ou pénaux. C’est aussi sans doute ce que nous pourrions tous permettre d’une manière ou d’une autre.

Emmanuel Leroux

samedi 1er mai 2004 : L'élargissement de l'Europe

L’Europe élargie, l’Europe agrandie … C’est l’évènement de ce 1er Mai. L’Europe compte en effet depuis ce début de mai, dix nouveaux pays de plus et se retrouve forte de vingt-cinq membres ! Un événement salué par de gros titres à la une de nos quotidiens et qui a donné lieu à de nombreux reportages à la radio ou à la télévision. Un évènement majeur pour l’histoire comme pour la géographie de notre continent. Le projet de construction européenne, cette idée un peu folle de Robert Schumann et de ses amis, au sortir de la seconde guerre mondiale, prend aujourd’hui une tournure importante et irrésistible : enraciner de manière définitive, la paix entre les pays du vieux continent, instaurer entre eux des liens, économiques, sociaux, culturels qui favorisent le développement d’un « vivre ensemble ».

Les réactions devant cette nouvelle étape de la construction de l’Europe ne manquent pas autour de nous, comme dans les médias. Ici ou là, des craintes s’expriment : l’accueil de pays moins avancés économiquement risque, pense-t-on, de peser sur le niveau de l’emploi et de provoquer encore des délocalisations du travail. Au regard des difficultés de toutes sortes que connaissait déjà l’Europe à 15, on s’inquiète de la possibilité de pouvoir gérer un ensemble d’intérêt aussi vaste que varié et disparate. L’étonnement et des questions surtout apparaissent : il semble bien que faire l’Europe reste encore une idée vague, pour le plus grand nombre, éloignée de leurs préoccupations quotidiennes au point de se demander pourquoi il convient de souligner cet évènement.

Pourtant, les résultats sont sous nos yeux : l’Europe a favorisé grandement notre « vie ensemble » entre nos différents pays, elle a soutenu la vie économique de nos régions, elle a permis surtout que se développent entre nos pays et leurs habitants, des liens d’amitié, parfois de réconciliation, des liens de partage, d’accueil mutuel, de travail en commun.

C’est en effet au niveau des personnes que la construction de l’Europe est déjà une vraie réussite, par les rencontres qu’elle a suscitées aussi bien au niveau des entreprises que des jeunes, dans les écoles et les universités, des rencontres et des échanges qui favorisent l’estime et la connaissance de l’autre. La construction européenne est une chance : elle devient, jour après jour, l’expérience la plus réussie de partage, et d’amitié - aussi bien entre nos différents pays qu’entre les personnes qui les composent. Une chance, oui, qui appartient à chacun d’entre nous !

Emmanuel Leroux

samedi 8 mai 2004 : Les enfants emprisonnés

L’information peut choquer : Plus de 100 mille enfants sont incarcérés, sur tous les continents. .Parmi ceux-ci, 800 en France qui connaissent la vie en prison. C’est l’information forte qui ne peut laisser indifférente que publie cette semaine, un quotidien parisien, à l’occasion de la publication de l’enquête menée par le Bureau Internationale Catholique de l’Enfance, sur la détention des mineurs dans le monde.

Une information qui interroge et demande des explications.. Sans aucun doute, la situation et les raisons pour lesquelles ils se retrouvent en prison sont, à travers le monde, extrêmement variés. Si une majorité ont pu commettre des crimes graves, il arrive aussi qu’ils soient arrêtés pour des raisons plus futiles, parce qu’ils ne savent pas donner leur nom aux policiers, par exemple. Pour la plu part en tout cas, l’enquête révèle qu’ils vivent dans des conditions qui ne respectent pas la Convention internationale des Droits des Enfants, à commencer par une stricte séparation d’avec les adultes.

Quoi qu’il en soit de leur degré de culpabilité, de leur nationalité, de leur âge, tous ces jeunes qui se retrouvent à vivre, parfois quelques années, derrière les barreaux d’une prison ont un point en commun. : celui d’une enfance cabossée, d’une enfance difficile, et qui les laisse sans repères. Comment ne pas comprendre alors qu’ils réagissent le plus souvent avec violence dans de telles conditions de vie, marqués par ce qu’ils ont vécu ? Comment surtout ne pas comprendre qu’ils puissent êtres abîmés par cet enfermement qui n’a d’autres horizons que les quatre murs d’une cellule, par la promiscuité et l’ennui qui y règnent ? Même quand des efforts de réinsertion existent, « leur vie semble bien cassée », comme l’affirme un aumônier de prison. « Que peut-on reconstruire en prison. ! » Car, c’est bien là la question. Une question cruelle parce qu’elle se pose pour des jeunes qui, bien souvent, ne sont encore que des enfants. Une question difficile parce qu’ils sont généralement illétrès, sans éducation ni points de repère familiaux. Apporter un soutien – en s’engageant par exemple dans des associations - à tous ceux qui essaient de proposer des horizons auxquels tout enfant ou ados devrait avoir droit, devient une vraie nécessité. On doit reconnaître que l’on essaient en France, de lancer des programmes d’ établissements spécialisés de réinsertion pour accueillir tous les mineurs. Une nécessité, urgente, car la vie de ces ados n’attend pas !

Emmanuel Leroux

samedi 29 mai 2004 : Des chrétiens au Festival de Cannes

Des chrétiens au festival de Cannes ! Le propos peut surprendre. Mais que peuvent donc bien faire des chrétiens dans ce monde du spectacle, du rêve et des paillettes, dans ce monde où circulent des sommes d’argent importantes entre publicité tapageuse et commerce des films ! Présence surprenant en effet mais qui, pour être discrète n’en n’est pas moins réelle et efficace ; Cette année,, cela fait trente ans qu’ e le Jury œcuménique revendiquent la présence des chrétiens au plus prestigieux festival qui soit au monde, et il vient d’attribuer son 30éme prix officiel, au film de Walter Salles, 'Carnet de voyage'

Trente ans ! C’est, me direz-vous, l’âge de la maturité ! Depuis trente ans, le Jury œcuménique, à la satisfaction de beaucoup de personnes, est partenaire officiel du Festival de Cannes. Depuis Trente ans, il attribue chaque année, un prix à l’un des films de la Sélection officielle. Constitué de six jurés, connus pour leurs implications dans le monde du cinéma, ces six personnalités, nommés par des associations chrétiennes, présentes à Cannes, ont ainsi récompensé, année après année, sans aucun prosélytisme, loin de tout obscurantisme, des films, porteurs d’un souffle nouveau pour que le monde devienne meilleur, attentif aux souffrances comme aux espérances des hommes.

La liste des films primés par le Jury œcuménique, année après année, l’affirme : cette récompense, décernée par les chrétiens, met en avant des œuvres cinématographiques où se révèle la profondeur de l’homme et son mystère au travers de ses préoccupations, de ses déchirures comme, de ses espérances ; ce prix récompense des films dont les qualités humaines touchent à la dimension spirituelle de notre existence. Et aux valeurs largement partagées dans toutes les cultures et qui sont aussi celles de l’Evangile.

Ancré au cœur de la création artistique d’aujourd’hui, proche des préoccupations du monde du cinéma , le Prix du Jury œcuménique, on ne le sait pas toujours, n’’a aucune valeur. Mais, c’est peut-être cela qui lui donne sa richesse et sa vraie valeur : il vient souligner la profondeur du film qu’il récompense, permettant ainsi au public de toucher la part de l’invisible de toute vie humaine.

Emmanuel Leroux

samedi 5 juin 2004 : L'anniversaire du Débarquement en Normandie

Ce week-end sera donc marqué en France, par les célébrations du soixantième anniversaire du Débarquement de Normandie. Pendant deux jours, ce seront des célébrations grandioses, à la hauteur de l’événement lui-même et surtout de ce qu’il représente qui vont se dérouler dans cette région. Déjà, depuis huit jours, émissions et reportages consacrés à cet évènement qui a été un tournant de la Seconde Guerre mondiale, ont envahi nos écrans de télévision ou nos magazines, donnant lieu, parfois, à des témoignages pleins d’émotions. Et si les cérémonies officielles qui ont lieu d’aujourd’hui, toutes retransmises, accueilleront de nombreux chefs d’Etat - dont le président des Etats-unis et celui de l’Allemagne,- ce sont près d’un millions de visiteurs attendus dans cette région de Normandie qui viendront « se souvenir »...

Le débarquement de Normandie est aujourd’hui, assurément, un évènement dont tout le monde reconnaît l’importance. il a manifestement, changé le cours de l’histoire de l’Europe tout entière et le sacrifice de tant de vies humaines lui donne sa véritable dimension. Même si d’aucuns peuvent éprouver une sorte d’agacement devant l’écho médiatique qui s’empare aujourd’hui de lui , on ne peut pas oublier cependant ce devoir de mémoire qu’il convient de faire à son propos : ‘ c’est grâce à eux qu’on vit aujourd’hui en démocratie’ s’exclamait Benjamin, un collégien du Gers venu avec sa classe, découvrir les lieux du débarquement. On ne peut que se réjouir de toutes ces initiatives nombreuses qui se sont développées cette année, dans les écoles pour transmettre aux jeunes générations ce flambeau de la mémoire. Car ceux qui ont vécu ces événements de la seconde guerre ne forment plus en effet la majorité d’entre nous. Et il n’est pas facile aussi d’imaginer ce qu’est l’horreur de la guerre, de se rendre compte ce que l’on ressent, l’absurdité des situations de peur et de violence qu’engendre la guerre.

Au-delà des faits d’armes que racontent les anciens combattants, c’est surtout le message qu’il nous faut retenir : ce désir de bâtir un autre monde. Un monde de respect de l’autre, de respect de l’homme, un monde où l’on peut vivre ensemble. C’est une leçon de citoyenneté et de solidarité ! Ce n’est pas rien aussi que des jeunes, comme nous tous, puissent à travers lui, l’apprendre et la découvrir, non seulement pour se souvenir mais surtout pour en vivre.

Emmanuel Leroux

samedi 12 juin 2004 : Les élections européennes

Curieusement, les élections européennes qui se déroulent actuellement dans les vingt-cinq pays qui forment aujourd'hui l'Union européenne n'ont pas l'air de mobiliser grand monde. Au-delà l'euroscepticisme, présent un peu partout avec des raisons parfois opposées, il faut bien reconnaître l'existence dans notre pays, d'une sorte de tiédeur vis-à-vis du projet européen que personne ne défend positivement.

Cette impression me paraît vraiment curieuse. Car je crois pouvoir affirmer que les Français se sentent profondément européens. Il ne manque pas sur ce point de faits pour en témoigner. à commencer par les évènements qui ont permis - grâce à Robert Schuman, - la création de l'Union européenne, il y a maintenant cinquante ans. Depuis la fin du conflit de la seconde guerre mondiale, des liens d'amitié et de réconciliation, de solidarité, de partage et de travail en commun , des échanges à tous les niveaux, entre les personnes comme dans la vie socio-économique, des projets de développement dans nos communes ou nos régions n'ont cessé de croître entre la France et l'Allemagne déjà, pour s'étendre aujourd'hui à vingt-cinq pays du vieux continent. Dans cette prise de conscience d'être européen, il est certain que la suppression des frontières, qui a grandement facilité les déplacements, des projets d'études comme Erasmus, qui ont permis à de nombreuses jeunes, de poursuivre leurs études dans d'autres pays européens, comme de nombreux réalisations, ont compté pour beaucoup. Le point fort des célébrations du débarquement de Normandie aura été de montrer combien ce sentiment d'appartenance est aujourd'hui profond. Une vraie réussite du " vivre ensemble ", suscité par l'estime et la connaissance de l'autre différent.

Cette semaine, c'est l'ouverture de l'Euro 2004 qui verra s'affronter sur les terrains de football, les équipes de nos pays d'Europe. Gageons, que cette grande manifestation populaire permette encore, au-delà de tous sentiments nationalistes, de rassemblés tous ceux qui se passionnent pour ce sport dans ce sentiment d'être ensemble, des Européens.

Emmanuel Leroux

samedi 19 juin 2004 : La fête de la musique

Chanson, jazz, rock : la fête de la musique ne manquera pas d'offrir l'occasion cette année encore, d'entendre de nombreux groupes de musique de toutes sorte, ce lundi 21 juin. Dans cette grande célébration de la musique, on sera en revanche peut-être, plus étonné d'entendre la voix humaine prendre une part plus importante. Après le succès remporté auprès d'un large public par le film, Les choristes, le chant choral semble en effet tenir aujourd'hui une place et un engouement sans cesse grandissant auprès des Français. Un constat, proposé par un quotidien parisien, cette semaine, avec son dossier, vrai coup de projecteur sur cette pratique de chanter en groupe, aujourd'hui ouverte au plus grand nombre.

Chorales d'orchestre, d'entreprise, associatives ou paroissiales, les groupes d'amateurs de chant choral sont finalement beaucoup plus nombreux que l'on croit. Les raisons en sont aussi diverses que multiples. Pédagogues et psychologues connaissent bien, depuis longtemps, les effets bénéfiques de chanter ensemble. Nombre d'amateurs en témoignent dans ce dossier : le chant leur apporte équilibre et sérénité, apprenant à insérer " sa mélodie personnelle à une harmonie d'ensemble ". Pour d'autres, c'est simplement un moyen merveilleux de recycler son énergie ou de retrouver un moment de détente et de relaxation. Chanter ensemble procure souvent du plaisir et permet, pour certains, de trouver une sorte de paix et de confiance. Il reste que les disciplines artistiques à l'école sont encore considérées par les jeunes comme dans la mentalité des parents, comme des disciplines mineurs qui n'ont pas autant de valeur que les autres. Sans doute pour la raison que chanter ensemble est un vrai travail qui réclame patience, et opiniâtreté. Travail qui apporte ra pour ceux qui s'y adonnent satifaction et bonheur. Qu'on le veuille ou non, la voix humaine reste l'instrument quasi unique de l'émotion, qu'elle soit positive ou négative et l'on peut comprendre le succès que remporte auprès des jeunes, des hits parade de chansons françaises, de toute sortes.

On connaît l'adage : Chanter c'est prier deux fois ! Sans aucun doute. C'est certainement en tout cas une démarche qui nous apprend et permet de " vivre ensemble ". C'est en effet accepter de faire attention aux autres pour réussir de chanter ensemble, c'est vouloir participer à construire quelque chose ensemble, c'est exprimer aussi, tout simplement notre joie de vivre avec les autres. Et cela, n'a vraiment pas de prix !

Emmanuel Leroux

samedi 26 juin 2004 : La fête du cinéma

Fête de la musique, lundi dernier qui a cette année encore, inonder nos rues et nos places, de beaucoup de gens, c’est, en cette fin du mois de juin, la fête du cinéma. On connaît la proposition : il suffira de payer une place pour un premier film et les autres sont alors à tarif préférentiel. Une invitation à peine déguisé pour aller voir des films et l’on ne s’en plaindra pas avec le programme plutôt intéressant de films qui passent cette semaine. à Nancy.

Permette à un large public d’aller au cinéma peut paraître une opération commerciale de plus . Il y a évidemment un côté économique dans le cinéma, lequel d’ailleurs est souvent méconnu. La fabrication d’un film demande en effet beaucoup d’argent en raison des collaborations techniques de tout ordre qu’il réclame. On le voit bien lors du festival de Cannes qui est avant tout le Marché du film où se vendent aux entreprises de diffusion, les films que nous pourrons aller voir dans nos salles de cinéma, les mois à venir.
Mais le cinéma est aussi un moyen de communication ; il est le vecteur d’une œuvre, d’un récit, d’une histoire que nous raconte un réalisateur. Un message nous est délivré, même dans les films de divertissement et spectateur, nous cherchons bien sûr à le comprendre. C’est une œuvre culturelle ou s’échange les valeurs qui nous sont communes et permet le vivre ensemble. C’est une œuvre d’art qui a avoir avec le beau de la vie. Si nous passons tous un bon moment lorsque nous allons au cinéma, nous entrons aussi dans un échange qui nous invite à écouter et suscite en nous des émotions. Et c’est souvent enrichi de ce que nous avons vu que l’on ressort habituellement de nos salles obscures,. C’est la raison pour laquelle, nous éprouvons tous, plus ou moins, ce besoin de parler avec nos amis ou la famille qui nous a accompagné, des films que nous avons vus. Dialogue fructueux dans la mesure où il nous permet d’exprimer notre point de vue de spectateur à côté de celui de l’auteur et de l’histoire du film. Et c’est alors qu’il peut devenir aussi un moment de joie et d’ouverture.

C’est la fête du cinéma : oui, profitons-en pour aller voir des films, et passer un bon moment de détente. Un moment d’échange et de plénitude avec les autres.

Emmanuel Leroux

samedi 3 juillet 2004 : Des maisons pour les adolescents

Des maisons pour les adolescents : c’est l’information qui a retenu mon attention en parcourant la presse, cette semaine. Une mesure quelque peu étonnante, prise par la Conférence de la Famille qui a réuni cette semaine, élus, représentants des institutions, associations familiales et partenaires sociaux, en faveur de l’adolescence, principalement autour de troix axes : la santé, l’engagement personnel et les loisirs.

A lire cette information, on s’aperçoit que de telles maisons, qui seraient donc appelées à se multiplier dans tous les départements, existent déjà dans certaines régions... Elles sont surtout, semble-t-il, des maisons d’accueil permettant aux ados de venir soigner « leur mal de vivre ». Si la majorité des jeunes se portent bien, les Services de Santé estiment en effet que 15% d’entre eux présentent des troubles du comportement lies à de véritables souffrances psychiques. Ainsi, accueillent-elles dans ce lieu adapté pour les soigner, ceux qui, trop jeunes, ont fait par exemple, des expériences liées au tabac, à l’alcool ou au cannabis ; ou ceux qui ont subi des violences de toutes natures. S’y retrouvent également dans ce lieu où ils peuvent être écouté où tout simplement parler, ceux qui éprouvent des difficultés passagères liées à un problème familial, une quête identitaire. ou encore des troubles graves de la personnalité.

Cet aspect de la santé n’est pas sans importance pour les jeunes et l’on peut se réjouir que de telles structures se développent pour venir aider les ados. Deux autres axes viendraient compléter cette initiative : celle, déjà qui voudrait valoriser auprès des jeunes, l’engagement personnel. Afin de les inciter à s’engager davantage dans la vie civique et associative, un passeport pour l’engagement leur serait proposé sur lequel il pourrait consigner leurs expériences ; les jobs de vacances seraient aussi largement favorisés. Enfin, dans le domaine des loisirs, un effort particulier pour développer l’échange intergeneration et la pratique du sport.

Cette initiative en faveur des adolescents est intéressante et on voit bien ce qu’elle peut leur apporter. On pourra même estimer avec l’Union nationale des Associations Familiales qu’ elle est une victoire. C’est en effet la première fois que ce créneau de la vie se trouve pris en compte par les pouvoirs publics. Mais on ne peut oublier toutes les associations de jeunesse ou les clubs sportifs où les adolescents –se retrouvent nombreux ? N’y font-ils pas déjà, l’expérience d’un vivre ensemble qui leur apportent ce dont ils ont besoin ?

Emmanuel Leroux

samedi 10 juillet 2004 : Le Quatorze juillet

Un quatorze Juillet au milieu de la semaine ! Cette coupure d’un jour férié est bienvenue et apportera ainsi un petit goût de vacances pour ceux qui n’y sont pas encore ! Pour d’autres, ce sera le départ vers les plages du midi ou un temps de vacances méritée … Et l’on peut se demander s’il restera assez de monde pour admirer les feux d’artifices, dans nos villes et villages que les municipalités offrent, à grand prix, à leur population !

Toutes ces manifestations de la Fête nationale, pour populaires qu’elles soient, sont importantes. Je crois qu’il convient de le souligner. Du bal populaire de nos villages ou de nos quartiers à la grande parade militaire sur les Champs Elysées à Paris, - qui accueillera cette année, les fameux « horse gars anglais - elles manifestent et célèbrent toutes, à leurs manières, ce qui réunit des gens de toutes conditions dans un « même » vivre ensemble. Des valeurs « idéales », inscrites dans la pierre aux frontons des mairies nous sont communes, tout comme, on peut le souhaiter dans leurs manières de vivre de citoyens. Et c’est pourquoi, le respect des symboles qui les expriment n’est finalement que respecter ce bien commun qui nous permet de vivre ensemble.

« Vivre ensemble » : cette réalité sera toujours le résultat d’un désir et d’un effort de tous. Comment ne pas s’en apercevoir devant toutes les formes d’individualisme ou d’incivilités qui rendent si difficile la vie sociale ? Il est clair qu’une trop grande tolérance prend le risque de la banalisation, surtout auprès des jeunes, au point parfois de rendre impossible toute vie commune. Nous sommes tous appelés à mettre du nôtre, à participer à ce qui se passe dans nos quartiers comme à devenir responsables de notre comportement social de citoyen. Liberté, égalité bien sûr, mais notre propre liberté s’arrête là ou commence celle des autres ! Fraternité surtout ! Vivre ensemble demandera toujours de dépasser notre individualisme pour choisir , comme l’affirme notre devise nationale, de vivre dans la fraternité !

Emmanuel Leroux

samedi 17 juillet 2004 : L'affaire du RER D

L’affaire du RER D , dans la région parisienne aura été assurément l’information de la semaine qui a retenu largement l’attention de tous. L’agression d’une jeune femme par des jeunes dans un train de banlieue dans les conditions que l’on sait, ne pouvait que faire naître légitimement l’émotion générale. Et l’on ne s’est pas étonné, bien au contraire, de la rapidité avec laquelle les plus hauts responsables de l’Etat ont fait connaître leur réprobation.

Celle-ci est aussi à la hauteur du désappointement que l’on peut ressentir aujourd’hui, et de la déconvenue des médias, à la suite de la découverte de l’affabulation de la victime. L’agression n’a jamais existé si ce n’est dans la tête de cette jeune femme, prise tout à coup d’une bouffée excessive et maladive de reconnaissance Elle sera bientôt jugé pour cette fausse nouvelle et l’on espère tous qu’elle trouvera à côté de la compréhension de la justice, les soins et la solidarité dont elle a besoin pour vivre.

Au-delà de ce qui n’est finalement qu’un fait banal – pour ne pas dire « divers » – il reste que cette histoire amène à réfléchir. Déjà sur cette rapidité de réaction suite à cette agression annoncée. Tout se passe comme si nos médias se considèrent comme une espèce de caisse de résonance qui amplifie, souvent de manière exagérée, les moindres palpitations de notre société. Ils ne nous aident pas, en tout cas, à prendre le recul nécessaire et utile, devant les évènements afin de les prendre à leur juste réalité. Aussi, nous sentons-nous comme agressés devant la moindre incivilité dont ils nous parlent, quand ce n’est pas devant la présence de l’autre différent. Aussi, ne serait-il pas plus important qu’ils favorisent l’accueil des gestes et des témoignages de « vivre ensemble » et de solidarité ?

Il nous invite également à réfléchir sur ce besoin de reconnaissance qu’il révèle tout à coup. Sans doute, s’agisait-il ici, d’une personne, fragilisée par son histoire personnelle et qui a besoin de soins. Mais, on peut penser que, dans notre société individualiste comme la nôtre, elle ne doit pas être seule à ressentir cette solitude affective et ce manque de solidarité ! Combien de situations sociales aujourd’hui vécues difficilement marquent, parfois pour la vie, nombre de personnes qui nous entourent. Il est vrai que nous avons du mal d’être attentif à ces situations de misère et à apporter, ne serait-ce qu’un sourire, un peu de fraternité.

Sous les feux d’artifice et les lampions des bals populaires, c’est justement cette fraternité et ce vivre ensemble que nous fêtions ensemble, le 14 Juillet. Puisse-t-elle s’enraciner en nous, pour durer davantage que l’instant d’une fête !

Emmanuel Leroux